Le ciel est blanchâtre,
l'aube se lève dans un ciel sans âge.
(ce n'est pas sans nuage mais bien sans âge, car les cieux sont là depuis des
milliers d'années)
La lune s'efface peu à peu,
saluant pour un court instant son frère le soleil,
dans un croisement, quelque part dans les cieux.
On entend au loin le pépiement affamé des oisillons esseulés,
où au loin leur mère, qui s'en était allée, cherchait des baies.
L'herbe est mouillée. La rosée a laissé son baiser sur les herbacées.
Laissant, à l'initié le soin de reconnaître celles de ces plantes qui nous
sont sacrées.
Le coq sur ses ergots et près à chanter,
saluant à son tour le jour sur le point de se lever.
La journée sera chaude, les criquets
et grillons seront à leur tour nous enchanter,
ensemble unis pour une douce mélopée.
Il est temps. Je m'approche de ce lieu, où se plient à la brise du matin, les épis.
Ces épis qui une fois consacrés sauront protèger ceux qui les auront garder.
Veillant ainsi sur les maisonnées, pour que plus tard, allant chez l'un ou l'autre en tant qu'invité,
nous puissions alors à notre tour les retrouver sur une poutre ou la cheminée.
Ma main ne doit pas faillir et par respect, je dois leur demander merci.
Chaque épi, prit dans la maturité de la vie,
sait à quoi et pourquoi il est apprêté.
Un pour l'unique, puis quatre pour ceux du cercle, enfin deux pour nos ancêtres.
Un à un, chacun me rejoigne, tous ainsi s'uniront dans le creux de ma main.
Sept épis qui seront entrelacés et offert dans le cercle à midi.
Ce temps d'un instant, je suis cet épi.
Fière et droite, fragile et gracile.
Occupée dans cette acte de communion, je ne me suis pas souciée du tonnerre qui au loin grondait.
Je sens les gouttes qui à leur tour me taquinent comme pour me narguer.
Je sais, qu'il est temps pour moi de rentrer,
afin de remonter par le sentier, qui me mènera à mon foyer.
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